Back to Rock

Centre de ressources audiovisuelles Bophana, 2013

5 USD

Enregistrements originaux restaurés de vingt grands classiques du rock cambodgien des années 1960-70.

Dans les années 60 et 70, la musique cambodgienne a connu d’importantes évolutions avec les influences rock venues de l’étranger. Ces deux décennies de rock n’ont pas été complètement effacées malgré les années sombres de la guerre et du régime khmer rouge. Si une partie du répertoire a effectivement été perdue, les Cambodgiens continuent de danser sur les tubes de l’époque qui sont rejoués par des groupes contemporains.

Notre CD “Back to Rock” présente une sélection des meilleurs morceaux de cette période. Les chansons sont tirées de disques vinyles qui ont survécu à la période khmère rouge. Ce sont donc des enregistrements originaux qui ont été simplement “nettoyés” afin d’avoir un son de qualité tout en restant fidèles à la version voulue par les artistes et producteurs.

Le centre Bophana est fier d’avoir restauré ce patrimoine et de le partager avec le public. A travers ce CD de chansons originales, nous cherchons à relier les Cambodgiens avec leur riche passé musical et espérons l’enrichir ou le faire redécouvrir.

Petit aperçu historique. Les premiers instruments de musique occidentaux sont introduits au Cambodge pendant le protectorat français. Des cours de musique européenne sont également institués. Les musiciens cambodgiens s’approprient alors ces instruments et les mêlent à leurs instruments traditionnels.  

L’importance du commerce bilatéral entre le Cambodge et les Philippines dans les années 30 engendre aussi la diffusion d’influences culturelles telles que la culture latino-américaine qui pénètre alors les Philippines. De nouveaux genres musicaux sont ainsi exportés au Cambodge. Certains instruments occupent une place considérable dans le rock khmer. La rumba, le cha cha cha, la bossa nova et le tango se répandent rapidement dans le royaume.

Dans les années 50, la présence militaire américaine de plus en plus importante dans les pays voisins permet une diffusion rapide de la sous-culture rock et pop de la scène musicale. Elle envahit les pistes de danse de Phnom Penh. Des groupes de rock, des chanteurs, des danseurs font leur apparition dans des films comme “La Joie de vivre” de Norodom Sihanouk en 1968.

Cette nouvelle musique cambodgienne prospère à toute vitesse grâce à des technologies accessibles pour les consommateurs comme les cassettes audio, les radios. Cette musique occidentalisée se répand. Même de petits villages reculés écoutent du rock.

Les musiciens cambodgiens créent un rock local, mixant les influences occidentales et latines à leur musique traditionnelle khmère. C’est devenu un genre unique, identifié au vibrant Age d’or du Cambodge. Le rock khmer devient partie intégrante de la vie quotidienne. Il symbolise l’énergique vie nocturne de Phnom Penh dans les années 60 et 70 qui caractérise alors le principal hub culturel et musical en Asie.

Ce répertoire rock est toujours joué aujourd’hui au Cambodge, dans des festivals ou des événements populaires. Petits et grands adorent danser sur les rythmes entraînants de ces vieux tubes et chanter à tue-tête les paroles qu’ils connaissent par cœur.


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