À propos du centre Bophana

« Le Cambodge est un pays de jeunes à qui il faut donner une perspective. Le passé nous renseigne sur ce qui peut arriver demain, les images sont là pour nous faire réfléchir, pour nous nourrir, c’est notre force pour avancer. La formation permet de les analyser et de maîtriser la technique, la création ensuite nous permet de prendre la parole, d’exprimer notre regard, notre sensibilité.»
— Rithy Panh, co-fondateur du centre Bophana

Le centre Bophana collecte partout dans le monde les archives cinéma, télévision, photographie ou son sur le Cambodge pour offrir au public un accès libre à ce précieux patrimoine. Pour les Cambodgiens, c’est une porte ouverte sur des pans entiers de leur mémoire. Depuis son ouverture le 4 décembre 2006, plus de 240 000 personnes ont (re)découvert ces documents à Phnom Penh et dans toutes les provinces du pays. Pour les enseignants, les étudiants, les chercheurs ou les journalistes, c’est une base documentaire exceptionnelle. Aujourd’hui, près de 700 heures de vidéos sont proposées au public, depuis les premiers films des frères Lumière à la fin du XIXe siècle jusqu’à des fictions récentes de réalisateurs cambodgiens en passant par des reportages télé, des films d’ONG, des documentaires, les films du roi Norodom Sihanouk... Parallèlement, des centaines d’archives sont en cours d’indexation.

Depuis sa fondation, le centre Bophana défend un autre objectif fondamental : la formation des jeunes Cambodgiens par la pratique et par un accompagnement professionnel sur le long terme. Ainsi des documentalistes, des techniciens du cinéma, de l’audiovisuel et de jeunes réalisateurs ont appris leur métier dans nos murs. Le centre s’ouvre à présent au multimédia via des projets pilotes et une offre de formation en cours de préparation. Espace d’échanges ouvert aux artistes, le centre soutient la création sous toutes ses formes et produit des documentaires et des fictions sur le Cambodge qui constitueront les archives de demain. "Noces rouges", en particulier, a été remarqué dans de grands festivals dont Sundance et l’IDFA. L’ampleur prise par le cinéma et l’audiovisuel dans nos activités nous permet de gagner en autonomie et correspond à notre ambition de renforcer le secteur au Cambodge.

L'histoire du centre

Bophana, un symbole

Bophana a 25 ans lorsqu’elle est exécutée par les Khmers rouges et son corps jeté dans les fosses de Chœung Ek, le 18 mars 1977. Le même jour que son mari Ly Sitha. Pendant les cinq mois qui ont précédé, elle a été torturée et a livré plus de mille pages de confessions dans lesquelles elle raconte comment son père, enseignant et chef de district, a été tué dans une embuscade khmère rouge, comment elle a dû fuir sa maison et se réfugier avec ses deux sœurs dans la capitale de sa province, Kompong Thom.

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Nos missions


Sauver et faire vivre la mémoire d’hier et d’aujourd’hui

La mémoire cambodgienne ayant été détruite par trois décennies de guerre, la collecte des archives cinéma et audiovisuelles permet de reconstituer peu à peu ce précieux patrimoine qui permet aux Cambodgiens à la fois de comprendre leur passé, bâtir leur présent et inventer leur futur.

La collecte d’archives a commencé en France puis s’est étendue à d’autres pays (les États-Unis notamment) et au Cambodge. Tous les documents retrouvés, que le centre fait parfois restaurer, sont mis à disposition du public sur la base de données trilingue (français, anglais, khmer). Des animations (conférences, débats, expositions, ateliers) font vivre ces archives pour qu’elles aillent à la rencontre de différents publics et qu’elles suscitent l’échange et la réflexion.


Former les techniciens et les créateurs de demain

Au Cambodge, 70% de la population est âgée de moins de 30 ans. Ces jeunes ultra-connectés ont une consommation d’images et un besoin d’expression immenses. Malheureusement, il n’existe pas de véritable cursus pour former aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel.

Afin de favoriser l’émergence d’un regard critique et promouvoir une production cambodgienne de qualité, le centre Bophana forme des jeunes aux métiers de l’audiovisuel. Une fois leur formation terminée, ils sont disponibles pour répondre aux besoins de tournages locaux ou étrangers.


Les fondateurs

Rithy Panh est le réalisateur qui a donné en 2013 au Cambodge sa toute première nomination aux Oscars avec son film "L’image manquante". Il a remporté la même année le prix du jury dans la catégorie Un certain regard du festival de Cannes. Il est l’auteur de nombreux documentaires notamment "S21 ou a machine de mort khmère rouge" qui lui a valu le prestigieux prix Albert Londres en 2004.

Il a joué un rôle essentiel dans la création du centre Bophana aux côtés de Ieu Pannakar, sénateur et ministre d’Etat du Palais royal. Ce dernier a consacré sa vie au cinéma et à l’audiovisuel au Cambodge. Diplômé de l’Ecole de Vaugirard (devenue l’Ecole Louis Lumière), il a été en charge de 1955 à 1970 des services cinéma, photographie et télévision de l’Etat, et il a formé l’essentiel des techniciens cambodgiens. A la chute du régime khmer rouge, en 1979, il reprend le flambeau pour que l’audiovisuel renaisse au Cambodge.

Le 25 juillet 2008, celui qui incarne la mémoire du cinéma et de la télévision cambodgienne, Ieu Pannakar, a été décoré "Officier des arts et des lettres" par l’ambassadeur de France à Phnom Penh, en présence de Rithy Panh

Nos Partenaires

Etablissement de la Communication et de la Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD)
Ministère cambodgien de la Culture et des Beaux-Arts
Département d’Etat américain
Institut national de l’audiovisuel (Ina)
Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)
Institut Français
Sénat français
Sabay
Ministère français de la Culture et de la Communication
Unesco
Mairie de Paris
Ministère français des Affaires étrangères et européennes (MAEE)
Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC)
Radio Télévision Suisse (RTS)
Société Civile des Auteurs Multimédia (SCAM)
Fondation Technicolor